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Patrick Chénière, “Général” auto-proclamé n’est arrivé en France que vers l’âge de quinze ans. Auparavant, il a
navigué entre Tahiti et Madagascar… Des escales lointaines
dont il a ramené une passion sans borne pour le ukulélé,
une approche très populaire de la musique et un goût
certain pour le blues. C’est dans la langue de Shakespeare
et de John Lee Hooker que Patrick Chénière commenceà chanter à la fin des années 80 avec deux premiers albums,
désormais élevés au rang de collectors.
Le Général décide ensuite de se démasquer, de chanter
en français, de faire danser tous ces mots “qu’il jette
régulèrement sur le papier”. Sorti en 1998, La position du
tirailleur séduit la critique, avec des articles élogieux dans
Le Monde, le Figaro ou les Inrockuptibles.
Le chanteur enchaîne ensuite les albums avec Des sirènes
et des hommes sorti en 2000, Le rude et le sensible en
2002 et Les loges de la lenteur en 2005.
"C’est un album moins excité, plus serein. Je maîtrise un
peu mieux mon sujet. Ca ressemble à ce que j’ai envie
d’écouter et que l’on n’entend pas à la radio".
C’est dans une ambiance de fête foraine qui aurait dérapé
vers une atmosphère confinée de petit cinéma épouvantable
que ces quatorze titres nous entraînent irrésistiblement,
de manière insidieuse, en un
univers de perditions, un monde
où l’illusion et le mensonge le
disputent à l’ignorance crasse, un
monde dans lequel la lâcheté flirte
allègrement avec l’abus de pouvoir,
un monde où le sexe et la mort
nous précisent une fois encore les étranges détours de
nos fascinations respectives et de nos centres d’intérêts les
plus communs. Et l’esprit festif dans tout cela ?… Ne vous
inquiétez pas, il doit bien être quelque part, tapi dans
l’ombre, guettant son heure, attendant les jours meilleurs
pour jouer encore et encore ce très improbable hymne à la
joie auquel nous prétendons vouloir tous aspirer.
"Entre le légendaire et le dérisoire, le savant et le futile,
le rude et le sensible, le triomphal et le désastreux, une
oeuvre étoilée de liberté".
(Le Monde de la Musique. Décembre 2005)
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Comme une flèche têtue
qui traverse les temps morts
J’avançais dans ta nuit
ne pensant qu’à ça
Réunis dans la joie,
ébahis de bonheur
Fier et droit, pénétrant,
je viens vers toi
« La rivière ne complote pas »
Extrait de l’album « Les loges de la lenteur »
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