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Née le 2 septembre 1961 à Fundao, au pied de la Serra
da Estrella, Bévinda quitte le Portugal pour s’installer
en Bourgogne en 1963 ; elle n’a que deux ans. Élevée
loin des musiques traditionnelles
portugaises, elle grandit au son des
mélodies rock nord-américaines de
Deep Purple et Genesis.
Passionnée par la musique, Bévinda,
accompagnée par son frère à la
guitare, se produit dans les bars de
la région et chante dans les fêtes de village. C’est en 1992
qu’elle décide de se rendre à Paris pour tenter sa chance.
Dès son arrivée dans la capitale, elle adapte le tube des Sex
Pistols, “God save the Queen !” et multiplie les apparitions
sur scène. Pourtant, c’est en portugais que Bévinda
enregistrera son premier album en 1994, après avoir été envoutée par la voix capverdienne de Cesaria Evora.
La chaleur de sa voix, la nostalgie du fado (saudade) nous
invitent à un voyage lusophone ; des terres lointaines
à la terre d’accueil, ses chants se colorent de rythmes
brésiliens, offre un fado résolument nouveau, où la gravité de la tradition se mêle à une écriture musicale et poétique
bien de notre temps. Bévinda chante Amalia Rodrigues,
Fernando Pessoa, ses propres mots et ceux de sa mère
Marie de Lourdes, sur ses musiques ou celles de son
arrangeur Lucien Zerrad.
"J’ai depuis toujours voulu voir le monde.
Toutes ces surfaces, ces terres, ces peuples, ces cultures, ces odeurs inconnues. Le Portugal, terre de naissance et terre rêvée, de long en large (facile, pays étroit) du nord au sud (pays étiré) coincé entre Espagne et Atlantique. J’ai senti le linge de Porto, déambulé dans les ruelles de Marvao, médité sur les plaines de l’Alentejo, et cru avoir atteint l’Afrique à Faro. Ensuite, de plus étranges et lointaines destinations, l’Asie, inspiratrice. Hasard qui a porté mes jambes en Himalaya. Népal, sources, rizières, maisons en terre ocre, sourires, Pakistan, rochers suspendus, glaciers hauts perchés, Inde, fourmillement de vie, de force. Et l’Europe, de l’Islande à l’Italie, l’Afrique Lusophone, l’Amérique latine et la France douce. Je bouge et deviens autre, aspirant un air différent que je reconnais comme un très ancien souvenir. Qui ne souhaiterait pas visiter le monde ? De notre chambre, tout arrive (musiques, coutumes et images…) C’est bien. Je prends mes jambes à mes pieds et j’arrive ailleurs. C’est bien ainsi."
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Multidao, solidao
Quem não sabe povoa a sua propria solidão
Tambem não sabe estar no meio duma turbamulta
Afadigada
Multitude, solitude
Qui ne sait peupler sa solitude
Ne sait pas non plus être seul
Dans la foule affairée
« Multidoes » / « Foules »
Extrait de l’album « Luz »
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