Vienne
  Ouvert la nuit
 
 
  Philippe Val use de toutes les armes : la presse écrite avec Charlie Hebdo - dont il est l’un des re-fondateurs et le rédacteur en chef depuis 1992 - , la radio tous les lundis vers 18h50, très attendu par les auditeurs de France Inter, l’édition – au Cherche Midi Editeur – où ses livres relatent ses voyages et ses rencontres. Et puis, autre et ancienne courroie de transmission à “sa résistance joyeuse” : la scène qui est sans doute le lieu où il se sent le mieux. “Dans un journal il y a trois temps , celui de l’actualité, immédiat, celui de la réflexion, et celui, plus lent du débat d’idées. La scène est un quatrième temps, encore plus lent, plus intime, celui de la recherche du plaisir”.

Son nouveau spectacle, constitue un tour de chant dense et original où chansons, textes et sketches s’entrelacent en une lutte - entre autres - contre l’industrie culturelle “qui ne s’adresse qu’à la médiocrité qui est en nous”, les chasseurs, les pollueurs, les fascistes, les traditions imbéciles, les idées reçues, les coutumes assassines... Mais n’oublions pas que cet homme qui semble gronder et maudire la médiocrité en permanence, est avant tout un humaniste et un amoureux :, de la douceur de vivre, des livres, des philosophes – “les vrais, pas ceux qui ne rient jamais et dont il faut se méfier” -, de l’amitié... ses chansons témoignent.

"Pourquoi ces chansons ? Je n’en sais rien. Pourquoi la pluie ? Pourquoi le beau temps? Pas de réponse. J’ai toujours chanté. Je chante soir et matin. Je me fais de la musique avec ma petite radio intérieure. Chanter, pour moi, c’est comme respirer, c’est ne pas être en train de mourir. Avant quoi ce soit d’autre, je suis un chanteur, j’ai ça dans ma programmation, comme les petits oiseaux sur les branches. Ma vie est une douche permanente brûlante ou glacée, tiède ou fraîche, ça dépend des jours, mais je chante dessous, quoi qu’il arrive. Diderot disait : “Mes idées, ce sont mes catins.” Tout pareil pour mes chansons. J’aime bien qu’elles aient l’air fringuées à l’arrache, un peu déchirées, un peu clandestines, du genre qui laisse une trace de rouge à lèvre sur le verre de Martini. Une nouvelle fréquentation qu’on n’ose pas présenter à la famille, parce qu’on sait bien que ça va faire des histoires. Mes chansons, c’est le petit jus de ma liberté. Bien serré, comme j’aime le café, juste une couche de vernis noir au fond de la tasse, et l’odeur du grain rôti."

 
   
Si j’avais dit à mes apôtres
Haïssez-vous les uns les autres
Au final, ça aurait changé que dalle
C’est dans votre nature d’humain
De retourner tous mes slogans
Comme un parapluie dans le vent
Alors j’ai dû en trouver un
Qu’on puisse retourner comme un gant
En demeurant tout aussi élégant
Tout est bon dans le cochon
Dans le cochon tout est bon

« Tout est bon »
Extrait de l’album « Philippe Val »

 

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